Aujourd’hui, je vais vous parler de stratégie médias sociaux pour vos collaborateurs ambassadeurs. Si certaines organisations ont déjà des programmes très poussés en matière d’employee advocacy, la grande majorité des entreprises sont encore en phase de réflexion ou de lancement sur ce sujet. Lors des formations médias sociaux pour les collaborateurs ambassadeurs, je consacre toujours un temps conséquent à l’aspect stratégique. En effet, il est important d’aller au delà des fondamentaux « profil LinkedIn, développement de son réseau, partage de contenu » et de comprendre la dimension stratégique qui amène les apprenants en formation. C’est cette vision « big picture » qui permet au collaborateur d’aller au delà du like compulsif de la page entreprise et d’incarner réellement le rôle d’ambassadeur auprès de son réseau.

Je vous invite à regarder tout ça de plus près ! 3… 2… 1… partager brainstormer !

 

Étape 1 : identifier son écosystème professionnel

Quels sont les acteurs qui composent votre écosystème ?

La première étape avant de prendre la parole (et pas seulement sur les réseaux sociaux) est de savoir à qui est-ce que l’on s’adresse. Identifier son écosystème professionnel permet de distinguer les grandes catégories d’acteurs avec qui vous interagissez ou cohabitez, au sein de votre environnement professionnel. Pour cet exercice, l’utilisation du mindmaping, ou carte heuristique en français, est particulièrement intéressante. Elle permet de représenter visuellement les différentes catégories d’acteurs et de les décliner, sur plusieurs niveaux de détail, sans perdre en lisibilité.

De cette manière, vous allez identifier les groupes d’acteurs qui sont propres à votre organisation : clients, concurrents, fournisseurs, prestataires, candidats, collaborateurs, médias… que vous pourrez à nouveau catégoriser de manière plus précise. Par exemple, parmi les candidats, il y a vos candidats actuels et avérés qui ont déjà postulés, des candidats précédents qui constituent un éventuel vivier et même d’anciens collaborateurs de l’entreprise susceptibles d’être des « candidats boomerang » !

mindmap collaborateur ambassadeur

Un exemple de mindmap pour les collaborateurs ambassadeurs de la marque employeur

 

Être au clair sur ses objectifs et définir des priorités d’action !

Une fois que vous avez couché sur le papier les catégories d’acteurs qui composent votre écosystème, il faut vous demander quels sont vos objectifs, en matière de médias sociaux pour chaque catégorie, et définir ceux qui sont prioritaires. Plutôt qu’un long paragraphe, voici quelques exemples assez parlants :

  • Communiquer sur les possibilités d’embauche auprès de mes candidats.
  • Promouvoir ma Marque Employeur aussi bien auprès des candidats que de mes collaborateurs actuels.
  • Garder un oeil sur l’actualité de mes principaux concurrents, aussi bien sur un plan business qu’au niveau du recrutement.
  • Promouvoir mon offre ou mes nouveaux produits/services auprès de mes clients actuels et prospects.
  • Entretenir mes relations de partenariat avec les écoles et les médias.
  • Et ainsi de suite…

Cet exercice permet, à la fois de faire émerger vos priorités en matière de médias sociaux mais aussi à vos collaborateurs ambassadeurs de se projeter sur l’étendue des sujets qu’ils pourront aborder lorsqu’ils s’adresseront à leur écosystème. Rappel évident mais indispensable : vos ambassadeurs sont très majoritairement volontaires pour jouer ce rôle et le font en parallèle de leurs missions principales. C’est pourquoi il faut garder à l’esprit que vos moyens ne sont pas infinis et qu’il sera probablement impossible de communiquer auprès de tout le monde dès le départ. Avancez étape par étape.

stratégie médias sociaux

Étape 2 : déterminer sa ligne éditoriale et celle des collaborateurs ambassadeurs

Écrire pour tout le monde revient à écrire pour personne. C’est pour cela que la question de la ligne éditoriale se pose. Qu’est-ce que mes contacts ou abonnés souhaitent découvrir/apprendre en suivant mon actualité, quelle valeur mon contenu peut-il leur apporter ? Il faut considérer vos présences sociales comme un mini média à part entière. Comme le dit très bien Sophie, quand elle parle de persona en recrutement : « C’est beaucoup plus simple de se mettre à écrire une annonce de recrutement quand on visualise précisément à qui est destinée le message… » Ici c’est la même chose ! 😉

De cette manière, vos collaborateurs ambassadeurs prendront la parole sur vos sujets de prédilection, à la fois en fonction de vos objectifs mais également et surtout en lien avec leur expertise. Personne ne demande à téléfoot de se positionner sur la dernière réforme de la formation professionnelle, de la même manière tout le monde se fiche de savoir quel est votre analyse d’un sujet que vous ne maitrisez pas. Tout est question de légitimité.

 

Gérer une veille efficace : recenser et centraliser l’information

Une fois que vous avez la vision globale de votre écosystème et avez déterminé la ligne éditoriale en conséquence, il ne reste qu’à partager le contenu approprié ! Encore faut-il savoir où le trouver… Pour nourrir votre ligne éditorial, une veille régulière est indispensable :

 

Une veille interne :

On sous-estime très souvent la richesse du contenu interne de l’entreprise. Le journal/newsletter, l’intranet, le site internet, les présences sociales déjà existantes, les nombreux dossiers de presse ou notes internes… Souvent il y en a tellement que vous ne la voyez plus ! À condition de ne pas être confidentielles ou stratégiques, ces sources d’informations peuvent être pertinentes pour nourrir votre ligne éditoriale. Aujourd’hui, beaucoup de collaborateurs s’informent sur l’actualité de leur propre entreprise directement via les réseaux sociaux.

 

Une veille externe :

Le référencement de votre écosystème a normalement permis de mettre en évidence un certain nombre d’acteurs intéressants de suivre (presse spécialisée, médias online, experts et influenceurs de votre secteur/métier, …). Le seul risque avec ce type de veille externe, c’est quelle devienne rapidement très chronophage. C’est pourquoi je vous recommande vivement de l’automatiser et de la mutualiser au maximum. Sans les détailler, il existe plusieurs solutions que vous pouvez mettre en place comme un système d’alertes Google directement sur votre boite mail ; paramétrer une veille Twitter sur certains mots clés ou hashtags ; utiliser un compte Feedly qui agrège au même endroit l’ensemble des articles des site web que vous avez recensés ; …

collaborateurs ambassadeurs reunion

À ce stade, le problème est renversé. Terminé l’argument que j’entends trop souvent en début de formation « C’est déjà difficile de publier 2 fois par mois, alors 2 à 3 fois par semaine… » ! Il y a maintenant trop d’informations susceptibles de faire l’object d’une publication : il faut désormais prioriser le contenu à diffuser en fonction de vos objectifs de départ (tout est lié, ne l’oubliez pas 😉 ).

Une fois que vous avez la bonne information à transmettre au bon interlocuteur, il faut se demander quel est le canal le plus approprié pour le faire. Est-ce sur LinkedIn, Facebook, Twitter, … ? En fonction de la teneur du message et du canal, il faudra penser à adapter le ton et les éléments de language en conséquence. Petit rappel : copier-coller le même message sur tous vos réseaux sociaux renvoie une image non maitrisée de leurs codes… c’est comme pour le recrutement : #LaPersonnalisationBordel (petit clin d’oeil à ceux qui contribuent/suivent ce hashtag sur Twitter) !

Étape 3 : construire son calendrier de partage  !

Un calendrier par présence social et par collaborateur ambassadeur !

En réalité il ne s’agit pas de construire un calendrier de partage mais bien plusieurs. Il doit y avoir autant de calendriers que de pages/comptes d’entreprise. En parallèle, chaque ambassadeur devra anticiper ses publications de la même manière : un calendrier pour l’animation de son compte LinkedIn et un autre par réseau social qu’il a décidé d’investir sur le plan professionnel.

 

Jouer collectif : mutualiser et recycler !

Je vous rassure tout de suite, l’objectif n’est pas de créer une usine à gaz. La méthodologie est moins chronophage qu’elle n’en a l’air puisqu’il existe un certain nombre de techniques pour rester simple et efficace ! La première est de mutualiser les calendrier éditoriaux. Celui de la page entreprise devient la colonne vertébrale autour duquel s’articulent ceux des collaborateurs ambassadeurs. Chaque collaborateur ambassadeur va pouvoir s’appuyer sur les présences sociales de l’entreprise pour relayer simplement et régulièrement le contenu qu’il estime intéressant de partager avec son propre réseau. Autour de ces partages « corporate », l’ambassadeur pourra relayer les posts de ses collègues et compléter avec de la veille métier provenant de sources externes.

Si certains contenus sont rapidement périssable (car datés dans le temps), d’autres peuvent facilement être recyclés plusieurs jours ou semaines après leur première parution. Il ne faut pas hésiter à recycler du contenu de temps en temps pour lui donner une seconde vie. De cette manière, publier plusieurs fois par semaine n’a plus rien d’héroïque puisqu’une majorité conséquente du calendrier éditorial des collaborateurs ambassadeurs ne fera pas l’object d’une création de contenu systématique.

collaborateurs ambassadeurs partage médias sociaux

Rester organisé et anticiper via la programmation

L’une des principales clés de réussite sur les médias sociaux est la régularité. Il faut souvent du temps avant de mesurer le fruit de ses efforts. Pour entretenir l’entrain de début et la motivation de chacun, je vous conseille de ritualiser chaque début de semaine, grâce à un rendez-vous d’une petite demi-heure, avec vos collaborateurs ambassadeurs. L’objectif est de planifier les partages de la semaine et leur permettre de se synchroniser. Rappelez-vous que si le travail de ligne éditoriale est déjà fait, alors cette réunion hebdomadaire doit se terminer avant même que votre café ne se refroidisse. 😉

  • Quels sont les principales actualités à venir cette semaine ?
  • À quels contenus peut-on donner une deuxième vie ?
  • Comment se répartir les sujets à relayer en fonction de nos expertises mutuelles ?
  • Est-ce que l’on couvre bien les sujets sur nos différents canaux et éventuellement à différents moments de la journée/semaine ?

BONUS : Si jamais vous êtes en séminaire la moitié de la semaine, pas d’excuses possibles ! Il existe des outils de partage qui permettent de programmer les publications à l’avance. Ces outils n’ont pas vocation à industrialiser la mission mais peuvent ponctuellement se rendre très utiles quand les emplois du temps sont chargés.

Alors, convaincus ? Prêts à vous lancer sur les médias sociaux avec vos collaborateurs ambassadeurs ? 😉